Abstract

This article addresses two understudied concerns in Senegalese historiography: the peripheral region of eastern Senegal during the twentieth century and rural perceptions and manifestations of Senegalese citizenship. It argues that farmers in sparsely populated eastern Senegal engaged with the colonial state primarily as members of the Sociétés de Prévoyance and successive state agricultural institutions rather than indirectly as members of Sufi brotherhoods. Acting as “farmer-citizens” of the postwar state rather than “peasant-members” of the Sociétés, rural residents impelled institutional reforms and inspired African politicians’ rhetoric. Despite (or perhaps because of) the changes wrenched by French colonialism and World War II, farmers advocated for a social contract based in Senegambian moral economies of agrarian production. Given the longstanding importance of regional migrant labor, farmers’ work arrangements affected the colonial and postindependence economy and statecraft. Senegalese and Malian farmers’ understandings and expectations of political belonging influenced the legislation of citizenship in mid-twentieth-century Senegal. This article uses colonial and postindependence administrative reports, Senegalese dissertations, and oral histories from the Senegal-Mali borderlands to find an articulation of agrarian citizenship attentive to jus seminum and jus sudoris rights based in seed and sweat that were brought to bear on existing civic and legal conceptions of citizenship based in jus sanguinis, jus soli, and jus culturae rights.

Résumé

Cet article aborde deux préoccupations peu étudiées dans l'historiographie sénégalaise : la région périphérique du Sénégal oriental au XXe siècle et les perceptions et manifestations rurales de la citoyenneté sénégalaise. Il soutient que les agriculteurs de l'est du Sénégal, peu peuplé, se sont engagés auprès de l’État colonial principalement en tant que membres des Sociétés de Prévoyance et des institutions agricoles étatiques successives plutôt qu'indirectement en tant que membres de confréries soufies. Agissant comme des « citoyens paysans » de l’État d'après-guerre plutôt que comme des « membres paysans » des Sociétés, les résidents ruraux ont impulsé des réformes institutionnelles et inspiré la rhétorique des politiciens africains. Malgré (ou peut-être à cause) des changements provoqués par le colonialisme français et la Seconde Guerre mondiale, les agriculteurs ont plaidé en faveur d'un contrat social basé sur les économies morales sénégambiennes de production agraire. Compte tenu de l'importance de longue date de la main-d’œuvre migrante régionale, les modalités de travail des agriculteurs ont affecté l’économie et la gouvernance coloniales et post-indépendance. La conception et les attentes des agriculteurs sénégalais et maliens en matière d'appartenance politique ont influencé la législation sur la citoyenneté au Sénégal du milieu du XXe siècle. Cet article s'appuie sur des rapports administratifs coloniaux et post-indépendance, des thèses sénégalaises et des histoires orales des zones frontalières entre le Sénégal et le Mali pour trouver une articulation de la citoyenneté agraire attentive aux droits du jus seminum et du jus sudoris basés sur les semences et la sueur qui ont été mis en œuvre sur les conceptions civiques et juridiques de la citoyenneté fondées sur les droits du jus sanguinis, du jus soli et du jus culturae.

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