Abstract

This article examines records from the Buea National Archives in Cameroon to illuminate our understanding of Shaykh Sa`id ibn Hayatu’s experience in exile after he was arrested for allegedly planning to overthrow the colonial regime in Northern Nigeria in 1923. Although previous studies have analyzed Sa`id’s activities and biography, this article is the first publication to present information from Buea, the site of his exile from 1924 to 1945. These documents provide details on Sa`id’s household in Buea, the family’s financial situation, Sa`id’s primary complaints while in exile, letters from Sa`id to the colonial administration and contacts in Northern Nigeria, as well as correspondence among colonial officials about Sa`id and Mahdism. Evidence from this new archival source helps to answer two questions that have puzzled historians of West Africa for several decades, namely why Sa`id’s detainment lasted so long and what conditions finally ended his and his dependents’ isolation. This article argues that British perceptions of Mahdist danger facing Northern Nigeria after 1924 significantly influenced the contours of Sa`id’s exile, as did their perceptions of him as a symbol of the potent history and legacy of Mahdism in the region. The article also suggests that tensions between, on the one hand, Northern Nigerian officials facing real and imagined Mahdist threats and, on the other hand, administrators in Buea who personally encountered Sa`id on a regular basis, framed colonial state policies regarding the length and termination of Sa`id’s exile.

Résumé

Cet article analyse des documents issus des Archives nationales du Cameroun à Buéa en vue d’éclairer notre compréhension de l’expérience vécue en exil par Shaykh Sa`id ibn Hayatu après son arrestation sous prétexte qu’il planifiait de renverser le régime colonial dans le Nord du Nigéra en 1923. Bien que plusieurs études aient précédemment examiné les activités et la biographie de Sa`id, cet article est le premier à faire état d’informations issues de Buéa, lieu de son exil de 1924 à 1945. Les documents pris en considération renseignent en détails sur le ménage de Sa`id à Buoa, la situation financière de sa famille et les premières plaintes adressées par Sa`id en exil; ils font état de lettres de Said envoyées à l’administration coloniale et à des contacts, ainsi que d’échanges de courrier entre des fonctionnaires de l’administration coloniale au sujet de Sa`id et du mahdisme. Les nouveaux éléments fournis par ces archives apportent une réponse à deux questions qui laissaient perplexes les historiens de l’Afrique de l’Ouest depuis plusieurs décennies, à savoir pourquoi la détention de Sa`id a duré si longtemps et quelles circonstances ont poussé les autorités à mettre fin à l’isolement de Sa`id et de ses proches. Le présent article fait valoir que la perception par les Britanniques du mahdisme comme une menace pour le Nord du Nigéria après 1924 a fortement influencé les modalités de l’exil de Sa`id qui incarnait à leurs yeux un symbole puissant de l’histoire et de l’héritage du mahdisme dans la région. L’article suggère également que les tensions entre, d’une part, les autorités du Nord du Nigéria confrontées aux menaces réelles et imaginaires posées par le mahdisme et, d’autre part, les fonctionnaires de Buéa qui rencontraient Sa`id de façon régulière, ont joué un rôle déterminant dans la politique étatique coloniale qui a encadré la durée et la levée des mesures d’exil imposées à Sa`id.

You do not currently have access to this content.