Depuis bientôt quatre décennies, les études historiques sur les anciens territoires colonisés et les puissances colonisatrices sont saisies par de fortes dynamiques de renouvellement qui mobilisent la notion d’« archives coloniales ». À la suite des auteurs et autrices indien·ne·s des postcolonial et subaltern studies qui ont remis en cause le privilège archivistique des anciennes puissances coloniales,1 les historiens et historiennes du fait colonial manient désormais ces sources avec la plus grande précaution. Elles et ils se sont engagés dans un rapport méthodologique avec ces dernières dans le sillage d'une réflexion devenue iconique de Gayatri Spivak, soulevant les difficultés épistémologiques à recueillir les voix des subalternes.2 Régulièrement, des chercheurs et chercheuses invitent à penser archives et histoire en subvertissant les délimitations chronologiques instituées, en revisitant les temporalités du moment colonial et celles qui le dépassent.3 L’étude du plurilinguisme des empires4 (et des différentes langues utilisées dans...

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